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Le réchauffement climatique sauve des vies

−99 %

Les décès dus aux catastrophes météo ont chuté de 99 % en un siècle. Le froid tue dix fois plus.

Les décès dus aux catastrophes météorologiques ont chuté de plus de 99 % en un siècle, de 485 000 par an dans les années 1920 à 7 790 en 2020. Et selon The Lancet, le froid tue près de dix fois plus que la chaleur.

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Le rapport AR6 du GIEC, chapitre 11, « Météorologie et événements météorologiques extrêmes dans un climat en évolution », conclut que des changements dans la fréquence et l’intensité de la plupart des événements extrêmes n’ont pas été détectés et ne peuvent pas être attribués au changement climatique d’origine humaine.86

Indépendamment des tendances climatiques, les décès attribuables aux catastrophes météorologiques (inondations, sécheresses, tempêtes, incendies de forêt et températures extrêmes) ont diminué de plus de 99 % au cours des 100 dernières années. Dans les années 1920, ces décès étaient d’environ 485 000 par an en moyenne. En 2020, ils étaient tombés à 7 790 (voir la figure 6.1).

Décès liés au climat de 1920 à 2021 : chute spectaculaire, de centaines de milliers par an à quelques milliers

Figure 6.1 : Il y a eu une chute remarquable des décès liés à tous les événements météorologiques extrêmes de 1920 à 2021. Source : Dr Bjorn Lomborg, données de la base internationale des catastrophes, publiées dans ScienceDirect.87

Deux études à grande échelle publiées dans la revue médicale The Lancet arrivent aux mêmes conclusions sur les températures et les décès : 1) le froid tue bien plus de gens chaque année que la chaleur; 2) à mesure que la Terre s’est modérément réchauffée, le nombre de personnes mourant de causes liées à la température a considérablement diminué.

L’étude de The Lancet de 2021 est sans doute la plus grande jamais réalisée sur la mortalité liée à la température.88 Ses 68 auteurs, issus d’universités et d’instituts de 33 pays couvrant toutes les régions du monde, concluent que les décès liés au froid dépassent ceux liés à la chaleur extrême dans un rapport de dix pour un. L’étude a aussi trouvé que des centaines de milliers de personnes de moins meurent chaque année de températures extrêmes, hautes et basses, à mesure que la Terre s’est réchauffée (voir la figure 6.2). Conséquence du réchauffement modéré récent : 166 000 décès de moins dus à des températures non optimales pendant la période étudiée.

Décès dus au froid et à la chaleur par région, 2000-2019 : Europe 0,66 million contre 0,18, Chine 0,97 contre 0,071, Inde 0,66 contre 0,084

Figure 6.2 : Une étude de The Lancet a révélé que les décès dus au froid excédaient de près de dix pour un ceux dus à la chaleur extrême. Source des données : The Lancet Planetary Health, 2021.

Une étude de The Lancet de 2015 faisait suite à une étude antérieure menée dans 13 pays, qui a examiné les décès liés à des températures non optimales dans 384 lieux, analysant 74 225 200 décès entre 1985 et 2012. Elle concluait que « la plupart des décès liés à la température étaient attribuables au froid ».89 Ces études sont appuyées par d’autres publiées dans le Southern Medical Journal, par les Centers for Disease Control and Prevention et dans les National Health Statistics Reports : toutes montrent que c’est le froid, et non la chaleur, qui est le plus grand tueur lié à la température.90

Il est clair qu’à mesure que la Terre s’est réchauffée au cours du siècle dernier, beaucoup moins de personnes meurent de causes liées aux conditions météorologiques et aux températures.

Points clés

  • Pendant la période récente de réchauffement modéré, les décès dus aux événements climatiques extrêmes ont diminué de façon spectaculaire.
  • Des recherches évaluées par les pairs montrent que les décès liés au froid surpassent les décès liés à la chaleur dans un rapport de près de dix pour un, et que les décès liés aux températures non optimales ont diminué de manière significative pendant la période récente de réchauffement.
  • Au Canada, pays nordique, un climat légèrement plus doux sauve des vies.

Et pour le Québec ?

Dans un pays où janvier descend à −30 °C, c’est le froid qu’il faut craindre, et une énergie fiable qui protège. Voir Quand les plombs vont sauter et le chapitre Décès liés à la température de Climat en bref.

Références

  1. GIEC, Sixième rapport d’évaluation, Groupe de travail I, chapitre 11, Weather and Climate Extreme Events in a Changing Climate, https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_Chapter11.pdf
  2. Bjorn Lomborg, Welfare in the 21st century: Increasing development, reducing inequality, the impact of climate change, and the cost of climate policies, Technological Forecasting and Social Change, juillet 2020, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040162520304157
  3. Qi Zhao et al., Global, regional, and national burden of mortality associated with non-optimal ambient temperatures from 2000 to 2019: a three-stage modelling study, The Lancet Planetary Health, juillet 2021, https://www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(21)00081-4/fulltext
  4. Antonio Gasparrini et al., Mortality risk attributable to high and low ambient temperature: a multicountry observational study, The Lancet, 21 mai 2015, 386: 369-375, https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(14)62114-0.pdf
  5. W. R. Keatinge et G. C. Donaldson, The impact of global warming on health and mortality, Southern Medical Journal, novembre 2004, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15586600/; Berko et al., Deaths Attributed to Heat, Cold, and Other Weather Events in the United States, 2006–2010, CDC, National Health Statistics Reports, 30 juillet 2014, https://www.cdc.gov/nchs/data/nhsr/nhsr076.pdf

Ce sujet tient en deux pages dans le livre, sources et figures comprises.

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