Les phénomènes météorologiques extrêmes et les catastrophes liées à ceux-ci ne s’aggravent pas
1921
Le record de chaleur du Québec date de 1921. Le GIEC ne voit aucune aggravation des extrêmes.
Sécheresses, ouragans, vagues de chaleur, feux de forêt : les données, et le GIEC lui-même, ne montrent aucune aggravation. Six records provinciaux de chaleur datent des années 1930, celui du Québec de 1921, et les feux de forêt canadiens diminuent depuis 1980.
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Les médias, les politiciens et les activistes affirment souvent que le changement climatique d’origine humaine entraîne une augmentation dangereuse du nombre et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes. Les données contredisent cette affirmation.
Les sécheresses ne s’aggravent pas
Les sécheresses ne sont pas devenues plus fréquentes ni plus sévères pendant la récente période de réchauffement modéré. Les États-Unis ont récemment connu la plus longue période de leur histoire enregistrée où moins de 40 % du pays faisait face à une « sécheresse extrême », et les tendances depuis 1895 sont pratiquement stables.70
Dans son rapport de 2021, le GIEC distingue quatre catégories de sécheresse : hydrologique, météorologique, écologique et agricole. Il n’a trouvé aucune preuve que le changement climatique ait augmenté le nombre, la durée ou l’intensité des sécheresses hydrologiques ou météorologiques, et n’a que des preuves modérées d’une contribution aux sécheresses agricoles et écologiques dans 12 des 47 régions du monde qu’il répertorie.71

Figure 4.1 : Le rapport AR6 du GIEC ne montre aucune tendance influencée par l’humain pour la plupart des « événements météorologiques extrêmes » humides et secs. Les cases blanches indiquent une « faible confiance dans la direction du changement », c’est-à-dire aucune influence humaine discernable. Source : GIEC AR6, Groupe de travail I, chapitre 12, tableau 12.12.
Les cyclones tropicaux (ouragans) ne s’aggravent pas
Les données ne montrent aucune augmentation du nombre ni de l’intensité des cyclones tropicaux depuis 1971.72 Des études récentes suggèrent que la fréquence des ouragans a en fait diminué au cours du dernier siècle; l’une d’elles indique une baisse de 13 % des cyclones tropicaux dans tous les bassins depuis 1850.73

Figure 4.2 : L’activité des cyclones tropicaux et des ouragans dans le monde n’augmente pas. Même avec la légère hausse du nombre de tempêtes tropicales en 2021, ce chiffre reste inférieur au pic de 1971. Source : Ryan N. Maue, « Global Tropical Cyclone Activity », Climate Atlas.

Figure 4.3 : Le rapport AR6 du GIEC ne montre aucune tendance influencée par l’humain (cases blanches) pour la plupart des événements météorologiques liés au vent. Source : GIEC AR6, Groupe de travail I, chapitre 12, tableau 12.12.
Le GIEC affirme n’avoir qu’une « faible confiance » quant à l’attribution de tout changement détectable dans l’activité des cyclones tropicaux à des influences anthropiques.74 Pour l’avenir, même dans le scénario irréaliste RCP8.5, le GIEC indique n’avoir aucune confiance non plus que le changement climatique augmentera la fréquence ou la gravité des cyclones d’ici 2100.
Les vagues de chaleur ne s’aggravent pas
Les données des États-Unis et du Canada n’appuient pas l’affirmation du GIEC selon laquelle il est « pratiquement certain » que les vagues de chaleur se sont multipliées en nombre et en durée.75 Les records de température de six des treize provinces et territoires canadiens datent des années 1930; deux provinces ont établi leur record dans les années 1920 (le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador); un record date des années 1970 (l’Ontario) et un des années 1980 (le Nunavut); un seul territoire a enregistré son record dans les années 2000 (le Yukon); et seuls deux records datent des années 2020 (la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest). (Voir la figure 4.4.)

Figure 4.4 : Records de température par province. Source : Chris Martz (carte), Environnement Canada.
Il n’y a pas de tendance claire à des vagues de chaleur records soutenues au Canada pendant la période soi-disant « la plus chaude des deux derniers siècles ».76
Les feux de forêt ne s’aggravent pas
Le GIEC rapporte une augmentation des conditions météorologiques propices aux incendies. Cependant, les données satellitaires de la NASA et de l’Agence spatiale européenne montrent que le nombre annuel de feux et la superficie brûlée dans le monde ont diminué substantiellement au cours des dernières décennies (voir la figure 4.5).77

Figure 4.5 : Surface globale brûlée, 1901-2018. Données 1901-2007 : Journal of Geophysical Research (2013JG002532); 1997-2016 : Global Fire Emissions Database; 2017-2018 : Global Wildfire Information System.
Les grands incendies qui ont ravagé une partie du Canada en 2023 étaient des événements exceptionnels dans l’histoire récente du pays. Ils ont probablement été causés par la sécheresse, par des pratiques forestières ayant entraîné une accumulation de combustible au sol à long terme et, au moins en partie, par des actes de vandalisme.78

Figure 4.6 : Le nombre d’incendies de forêt a diminué au Canada depuis 1980. Source : Base nationale de données sur les feux de forêt du Canada (BNDFFC).
Les données de la Base de données nationale sur les forêts du Canada montrent des tendances à la baisse tant pour le nombre de feux que pour la superficie brûlée au cours des 31 dernières années (voir la figure 4.6).79 Une étude de scientifiques du Service canadien des forêts attribue cette diminution à l’effet combiné de la fertilisation par le CO2 et d’une élévation modérée des températures, qui ont amélioré l’humidité du sol.80
Points clés
- Les affirmations selon lesquelles le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes ne sont pas appuyées par les données disponibles.
- Les données réelles ne confirment pas que les sécheresses, les vagues de chaleur, les ouragans et les feux de forêt seraient devenus plus fréquents ou plus sévères.
- Les rapports du GIEC ne trouvent aucune preuve, ou seulement des preuves faibles, d’une aggravation des tendances météorologiques.
Et pour le Québec ?
Le record de chaleur du Québec, 40,0 °C, date de 1921. Nous détaillons ce que les données canadiennes disent vraiment dans Le record de chaleur du Québec date des années 1920.
Références
- National Centers for Environmental Information, U.S. Percentage Areas (Very Warm/Cold, Very Wet/Dry), NOAA, consulté le 27 septembre 2023, https://www.ncdc.noaa.gov/temp-and-precip/uspa/wet-dry/0
- GIEC, Sixième rapport d’évaluation, Groupe de travail I, chapitre 12, tableau 12.12, p. 1856, https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_Chapter12.pdf#page=90; pour une discussion de la manière dont le GIEC exagère les « événements extrêmes », voir Roger Pielke Jr., What the IPCC actually says about extreme weather, https://rogerpielkejr.substack.com/p/what-the-ipcc-actually-says-about
- Ryan N. Maue, Global Tropical Cyclone Activity, Climate Atlas, https://climatlas.com/tropical/
- Chand S. S., Walsh K. J. E., Camargo S. J. et al., Declining tropical cyclone frequency under global warming, Nature Climate Change 12, p. 655-661, 2022, https://doi.org/10.1038/s41558-022-01388-4; Agence météorologique japonaise, statistiques des typhons, https://www.data.jma.go.jp/fcd/yoho/typhoon/statistics/generation/generation.html; Philip J. Klotzbach et al., Trends in Global Tropical Cyclone Activity: 1990–2021, Geophysical Research Letters, 14 mars 2022, https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2021GL095774
- Sonia Seneviratne et Neville Nicholls et al., Changes in Climate Extremes and their Impacts on the Natural Physical Environment, chapitre 3 du rapport spécial SREX du GIEC, Cambridge University Press, 2012, https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/03/SREX-Chap3_FINAL-1.pdf
- Watts et al., Climate at a Glance: U.S. Heatwaves, The Heartland Institute, 2022, https://climateataglance.com/climate-at-a-glance-u-s-heatwaves/
- Chris Martz, carte des records provinciaux d’après les données d’Environnement Canada, https://weather.gc.ca/canada_f.html
- NASA Earth Observatory, Researchers Detect a Global Drop in Fires, 29 juin 2017, https://earthobservatory.nasa.gov/images/90493/researchers-detect-a-global-drop-in-fires; Agence spatiale européenne, Multi-decade global fire dataset set to support trend analysis, 28 janvier 2021, https://climate.esa.int/de/news-events/multi-decade-global-fire-dataset-set-support-trend-analysis/
- Laura Paddison et Paula Newton, A climate conspiracy theorist said the government deliberately lit wildfires. He just pleaded guilty to starting 14 himself, CNN, 17 janvier 2024, https://www.cnn.com/2024/01/17/climate/canada-conspiracy-theorist-arson-wildfires-intl/index.html
- Base de données nationale sur les forêts, http://nfdp.ccfm.org/fr/index.php
- M. D. Flannigan et al., Future wildfire in circumboreal forests in relation to global warming, Journal of Vegetation Science, février 1998, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2307/3237261
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