Aller au contenu

L’effet d’îlot de chaleur urbain augmente les records de température de surface

96 %

96 % des stations américaines inspectées sont mal placées : asphalte, béton, climatiseurs.

96 % des stations de température américaines inspectées en 2022 étaient mal situées; les stations non perturbées montrent deux fois moins de réchauffement que les stations biaisées par l’asphalte et le béton.

Lire le sujet en détail

L’enregistrement des températures par les stations au sol est gravement compromis par divers facteurs.

Aux États-Unis et dans le monde, les agences qui tiennent les registres de températures ajustent systématiquement les données brutes à la hausse pour les températures récentes et à la baisse pour les températures historiques, ce qui fait paraître le réchauffement plus prononcé qu’il ne l’est.61 Il y a aussi des discontinuités : une station ferme et une autre ouvre dans la même région, mais sur un site aux caractéristiques différentes, et les données sont pourtant rapportées comme si elles venaient du même endroit.62 Pire, un rapport d’enquête récent a révélé que des températures étaient rapportées pour 1 218 stations du réseau de climatologie historique des États-Unis alors que 30 % d’entre elles n’existent plus.63

De plus, des enquêtes répétées sur place ont révélé que très peu de stations respectent les exigences d’implantation du National Weather Service (NWS) pour livrer des données de qualité.

Station météorologique officielle installée dans un stationnement asphalté de l’Université de l’Arizona, entourée de voitures

Figure 3.1 : Station météorologique du Réseau de climatologie historique des États-Unis utilisée pour collecter des données climatiques. Cette station est située dans un stationnement de l’Université de l’Arizona à Tucson. Elle se trouvait auparavant dans une zone herbeuse, mais les chercheurs l’ont déplacée à mesure que le campus s’agrandissait. Photo d’Anthony Watts.

Les villes sont considérablement plus chaudes que les zones rurales environnantes, surtout en été, parce que les routes, les trottoirs de béton et les bâtiments absorbent et réémettent la chaleur du soleil. S’y ajoutent les sources directes de chaleur artificielle, comme la machinerie et les équipements. Ce réchauffement artificiel est l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU). Le NWS a donc établi des normes pour installer des stations neutres :64 sol nivelé et représentatif de la région, à l’écart des surfaces sombres, du béton, des rochers, des toits, des pelouses irriguées et des sources de chaleur comme les climatiseurs, les cheminées et les bouches d’aération.

Une enquête de 2009 a révélé que 89 % des stations enfreignaient ces exigences, d’où un biais thermique (voir la figure 3.1).66 En 2022, une seconde enquête a vérifié si la situation s’était améliorée. Ce n’était pas le cas : sur 128 stations inspectées, 123 étaient mal situées, soit 96 % de stations rapportant des températures biaisées par l’ICU.

Tendances de température des stations américaines : les stations non perturbées (bleu) montrent environ la moitié du réchauffement des stations perturbées (rouge)

Figure 3.2 : Les stations non corrompues (classes 1 et 2, ligne bleue) rapportent beaucoup moins de réchauffement que les stations corrompues par l’effet d’îlot de chaleur urbain (classes 3, 4 et 5, ligne rouge).65

Une comparaison des stations non corrompues avec celles affectées par une mauvaise implantation montre que les stations neutres n’affichent qu’environ la moitié du réchauffement des stations biaisées (voir la figure 3.2).

Les recherches des Drs Roy Spencer et John Christy, du Earth System Science Center de l’Université de l’Alabama à Huntsville, suggèrent qu’environ 22 % de la tendance de réchauffement des États-Unis de 1895 à 2023 est due à l’ICU.67 D’autres travaux suggèrent que ce biais pourrait expliquer jusqu’à 40 % du réchauffement mesuré depuis les années 1850.68 Connolly, Soon et al. (2023)69 montrent que les reconstitutions fondées uniquement sur les forçages naturels correspondent mieux aux températures observées des stations rurales qu’à celles de l’ensemble urbain et rural, et qu’en considérant certaines reconstitutions solaires de rechange plutôt que la norme du GIEC, les seuls forçages naturels peuvent mieux expliquer les observations que les modèles fondés sur les forçages anthropiques.

En résumé, les données des stations de surface ne reflètent pas fidèlement les températures actuelles, mais plutôt une mauvaise gestion et une mauvaise déclaration des données.

Points clés

  • Le registre des températures des stations au sol est gravement compromis par divers facteurs, notamment l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU).
  • La NOAA et les agences officielles d’autres pays ajustent régulièrement les températures récentes à la hausse tout en ajustant les archives historiques à la baisse.
  • La NOAA ne tient pas compte des erreurs introduites par le déplacement des stations et rapporte des données de stations qui ne fonctionnent plus.

Références

  1. H. Sterling Burnett, Climate Change Weekly 172, 18 mai 2015, https://heartland.org/opinion/temperature-fibbers-being-investigated/; Jennifer Marohasy, Bureau Caught in Own Tangled Web of Homogenisation, 12 septembre 2014, https://jennifermarohasy.com/2014/09/bureau-caught-in-own-tangled-web-of-homogenisation/
  2. William C. Patzert et al., Will The Real Los Angeles Stand Up: Impacts of a Weather Station’s Relocation on Climatic Records (and Record Weather), https://ams.confex.com/ams/pdfpapers/119064.pdf; Stanley A. Changnon et Kenneth E. Kunkel, Changes in Instruments and Sites Affecting Historical Weather Records: A Case Study, Journal of Atmospheric and Oceanic Technology, vol. 23, no 6, juin 2006, https://journals.ametsoc.org/view/journals/atot/23/6/jtech1888_1.xml
  3. Katie Spence, Hidden Behind Climate Policies, Data From Nonexistent Temperature Stations, Epoch Times, 9 avril 2024, https://www.theepochtimes.com/article/hidden-behind-climatepolicies-data-from-nonexistent-temperature-stations-5622782
  4. National Weather Service, Requirements and Standards for NWS Climate Observations, 3.1.3 Air Temperature Siting Standards, https://www.weather.gov/media/directives/010_pdfs/pd01013002curr.pdf
  5. Watts et al., Comparison of Temperature Trends Using an Unperturbed Subset of The U.S. Historical Climatology Network, présentation à l’American Geophysical Union, 16 décembre 2015, https://wattsupwiththat.com/wp-content/uploads/2015/12/agu-poster-watts-website-release.pdf
  6. Anthony Watts, Is the U.S. Surface Temperature Record Reliable?, The Heartland Institute, 1er mars 2009, https://heartland.org/publications/is-the-us-surface-temperature-record-reliable/
  7. Roy Spencer et John Christy, Urban heat island effects in U.S. summer temperatures, 1880-2015, 19 octobre 2023, https://www.drroyspencer.com/2023/10/new-paper-submission-urban-heat-island-effects-in-u-s-summer-temperatures-1880-2015/
  8. Soon et al., The Detection and Attribution of Northern Hemisphere Land Surface Warming (1850–2018) in Terms of Human and Natural Factors: Challenges of Inadequate Data, Climate, vol. 11, no 9, 29 août 2023, https://www.mdpi.com/2225-1154/11/9/179
  9. Connolly, Soon et al., Challenges in the Detection and Attribution of Northern Hemisphere Surface Temperature Trends Since 1850, 27 septembre 2023, https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1674-4527/acf18e/pdf

Ce sujet tient en deux pages dans le livre, sources et figures comprises.

Obtenir le livre (nouvel onglet)