L’énergie, c’est la prospérité
laClimatique.ca · 4 min de lecture

Il y a des vérités si simples qu’on finit par les oublier. En voici une : il n’existe aucun pays riche qui manque d’énergie. Partout où l’électricité est fiable et abordable, les entreprises naissent, les emplois suivent et les familles prospèrent. Partout où elle manque, c’est la pauvreté qui s’installe.
Deux invités du balado Réalisme Climatique nous le rappellent, chacun depuis un point de vue bien différent.
La voix de Magatte Wade
Magatte Wade est une entrepreneure sénégalaise, auteure et directrice du Centre pour la prospérité africaine de l’Atlas Network (écouter l’épisode). Elle connaît de près les deux côtés de la fracture énergétique.
Son message est sans détour : selon elle, les dirigeants mondiaux réunis à Davos imposent le « Zéro Net » aux pays en développement, alors que ces derniers ont d’abord besoin d’énergie bon marché pour sortir de la misère. Priver une économie d’énergie abordable, explique-t-elle, c’est condamner des millions de personnes à la pauvreté énergétique.
Cette pauvreté a un visage concret. Ce sont des familles qui cuisinent au bois ou au charbon à l’intérieur de la maison, avec les conséquences qu’on devine sur la santé des femmes et des enfants. Ce sont des coupures de courant à répétition qui ruinent les petites entreprises locales : le congélateur du commerçant qui s’arrête, l’atelier de couture qui ne peut plus tourner, le salon de coiffure plongé dans le noir.
Magatte Wade dénonce l’hypocrisie d’élites qui voyagent en jet privé tout en expliquant aux plus pauvres qu’ils doivent se contenter de panneaux solaires. Pour elle, l’accès à une énergie fiable et abordable est une question de survie et de développement.
Le parallèle québécois
Le Québec n’est pas l’Afrique de l’Ouest, et nous avons la chance de compter sur l’hydroélectricité. Mais la logique est la même. Refuser d’exploiter nos hydrocarbures, bloquer nos projets de gaz naturel et miser sur des sources intermittentes, c’est choisir l’appauvrissement, lentement mais sûrement.
Nous l’avons expliqué dans Le Québec, superpuissance économique en dormance : la richesse est sous nos pieds. Et dans Quand les plombs vont sauter, nous avons vu ce qui attend un réseau trop dépendant d’une seule source un matin de janvier à -30 °C.
L’éolien, un mirage coûteux
Philippe Meloni, cofondateur du Mouvement localiste du Québec, s’attaque à l’une des grandes promesses de la transition : l’éolien (écouter l’épisode). Selon lui, c’est un mirage. Les parcs coûtent une fortune, le matériel est en grande partie importé, souvent de Chine, et il faut de toute façon maintenir des infrastructures de relève pour les jours où le vent ne souffle pas.
Autrement dit, on paie deux fois : une fois pour l’éolienne, une autre fois pour la centrale qui la remplace quand elle s’arrête.
La subsidiarité, ou le gros bon sens d’en bas
Philippe Meloni défend un principe ancien et pourtant oublié : la subsidiarité. Les décisions devraient être prises au plus petit niveau possible, au plus près des gens qu’elles touchent.
Or, selon lui, c’est l’inverse qui se produit au Québec. Sous couvert de « développement durable », la réglementation des MRC et du gouvernement provincial s’alourdit sans cesse. Il cite des micro-fermes interdites, des amendes pour quelques poules dans une cour, des projets bloqués pour une grenouille. Chaque règle, prise isolément, semble anodine. Ensemble, elles étouffent l’initiative.
L’antifragilité par le localisme
Philippe Meloni ajoute une idée puissante : l’antifragilité. Une économie centralisée et dépendante de l’étranger est fragile; au premier choc, pandémie, guerre ou rupture d’approvisionnement, elle vacille. Une économie locale, diversifiée, où les entrepreneurs et les municipalités ont la liberté d’agir, encaisse les chocs et en ressort plus forte.
Produire localement notre nourriture, nos matériaux et notre énergie, ce n’est pas du repli. C’est de la prudence.
Ce que nous retenons
De Dakar à Rimouski, la leçon est la même. L’énergie fiable et abordable n’est pas un luxe : c’est la condition de toute prospérité. Et la liberté d’entreprendre, au plus près du terrain, est la meilleure assurance contre les crises.
Nos Prospecteurs ne sont pas des exécutants, ce sont des bâtisseurs. Ils veulent un Québec qui produit, qui exploite intelligemment ses ressources et qui fait confiance à ses régions.
Pour aller plus loin : les épisodes avec Magatte Wade et Philippe Meloni au balado Réalisme Climatique.